• Greffer une tête sur un corps, une prouesse bientôt possible ?

    Greffer une tête vivante sur un corps mort, tel est le projet fou mais pas si impossible d'un neurologue italien. Seule la fusion des moelles épinières demeure délicate selon le spécialiste. Explications.

    Greffer une tête sur un corps, une prouesse bientôt possible ?En 2013, un neurochirurgien italien du nom de Sergio Canavero avait publié un article dans la revue scientifique Surgical neurology International affirmant que la greffe de tête d'une personne vivante sur un corps mort était une prouesse technique réalisable. Après 30 ans de recherches sur le sujet, le spécialiste présentera son projet lors du prochain congrès de l'académie américaine de chirurgie neurologique qui aura lieu en juin 2015.

    Pour le scientifique, une telle greffe permettrait aux personnes atteintes de maladies incurables ou tétraplégiquesde retrouver un corps viable. Et si l'idée n'est pas nouvelle, en pratique, une telle opération chirurgicale s'avère plutôt délicate.

    En premier lieu, il faudrait être capable de maintenir en vie la tête du patient à greffer durant le temps nécessaire à la reconstruction des liaisons entre le corps et la tête. D'autre part, le corps du donneur décédé devra faire l'objet d'une prise en charge particulière pour que tous les organes et tissus demeurent viables. Enfin, la science ne sait pas encore bien fusionner les moelles épinières entre elles, un détail de taille.

    Déjà en 1970, le Dr Robert White avait tenté de greffer la tête d'un singe sur le corps d'un autre. Si le pauvre animal n'était pas mort sur le coup et avait bien retrouvé l'ouïe et le goût, le chirurgien n'avait pas réussi à rétablir les connections nerveuses entres les deux parties. Mais l'idée est un peu saugrenue, car si l'on savait réellement reconstruire les réseaux de la moelle épinière, de nombreux paraplégiques pourraient être soignés sans avoir besoin d'un autre corps.

    Entre risque de rejet et questions éthiques

    Pour l'italien Canavero, cette étape clé n'est pas pour autant un problème, car elle serait désormais réglée : « Aujourd'hui, nous avons les techniques pour accomplir cette reconnexion. Des travaux ont montré que des substances chimiques [...] induisent la fusion des fibres nerveuses coupées. Nous pourrions, grâce à cela, reconnecter plus de 50% des axones. Or, d'après la littérature, la connexion de 10% seulement de fibres descendantes de la moelle épinière suffit pour rétablir le contrôle volontaire de la motricité », assure-t-il dans une interview citée par Science et avenir.

    Reste le problème du rejet. Pour d'autres scientifiques, certains organes du corps comme le foie ou la rate pourraient ne pas reconnaitre le nouveau cerveau et donc rejeter la tête. Et dans un cas si extrême, pas sûr que les traitements anti-rejets habituels ne suffisent.

    Evidemment, un tel projet soulève de nombreuses questions éthiques et légitimes. D'un part les conséquences psychologiques d'une telle greffe sont difficilement prévisibles, et difficiles à surmonter. D'autre part, la communauté scientifique s'inquiète du risque de dérive, en imaginant qu'une personne âgée veuille changer de corps pour paraître plus jeune. Et qu'advient-il si la personne greffée veut avoir un enfant avec le corps du donneur ?

    Qu'on se rassure, une telle chirurgie reste encore dans le domaine de la science-fiction, tant les réticences éthiques et les difficultés techniques sont grandes.

    Source : http://www.topsante.com/medecine/medecine-divers/


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