• New York restaure... ses «pavés belges»

    New York restaure ses «pavés belges»

    Les «belgian blocks» sont les pavés historiques qui couvraient les rues de New York au XIXe siècle. Des pans entiers de Brooklyn, restaurés et branchés, en font aujourd’hui une fierté. L’ARAU y voit un exemple à suivre à Bruxelles.

    Les «belgian blocks» sont les pavés historiques qui couvraient les rues de New York au XIXe siècle. Des pans entiers de Brooklyn, restaurés et branchés, en font aujourd’hui une fierté. L’ARAU y voit un exemple à suivre à Bruxelles.

    «Il est évident que les anciens pavés et rails de tram qui y sont entremêlés confèrent au quartier de DUMBO un cachet patrimonial(photo ci-contre) qui n’est pas sans rappeler un autre quartier industriel bruxellois (sans prétendre à une analogie parfaite entre l’East river et le canal)», plaide l’ARAU dans une riche analyse basée sur les chantiers de Brooklyn. La mégapole américaine de son côté en fait déjà une fierté puisque la ville propose même un parcours à vélo dans ses rues pavées à l’ancienne, «pour expérimenter un New York à la Paris-Roubaix».

    New York restaure ses «pavés belges»

    «Les pavés sciés sont comme des jeans délavés artificiellement»

    Selon les urbanistes bruxellois, qui ont mené l’enquête auprès des autorités new-yorkaises en charge des travaux, les pavés historiques ont la cote auprès des riverains. Leur choix s’est fait au détriment des «pavés sciés» plus lisses et vieillis artificiellement, que le New York Times compare à des jeans délavés en usine. Il est l’aboutissement d’un processus participatif dans les quartiers, au cours duquel plusieurs configurations pavées ont pu être testées par les piétons et les cyclistes sur des maquettes grandeur nature.

    Car opter pour un revêtement «Tour des Flandres», même pour préserver le patrimoine, n’était pas évident. Conscient que le vélo est de plus en plus plébiscité dans ses quartiers gentrifiés comme celui du Brooklyn Bridge Park, pullulant d’entrepôts de «brownstone» restaurés, l’idée première était de faire cohabiter vieux «belgian blocks» et nouveaux pavés sciés plus cyclables. Mais après un essai dans Washington Street, pétitionnaires, riverains et protecteurs du patrimoine ont qualifié cette solution de «Disneyland».

    Et pour les vélos?

    «Protéger les rues pavées de belgian blocks de l’asphalte est difficile. Et les rendre cyclables l’est encore plus», assure à l’ARAU le Directeur du développement et des opérations de DUMBO Improvement District. Mais nous estimons que restaurer les belgian blocks tout en apposant une bande cyclable de granit maintient l’intégrité historique des rues tout en les rendant sûres aux usages modernes». 

    Il n’en faut pas plus à l’ARAU pour interpeller la Région bruxelloise dans le dossier épineux de l’avenue du Port. «Nous invitons Rudi Vervoot et Pascal Smet à préserver les belgian blocks de l’asphalte, à conserver et à reposer de manière plane les 1.500.000 pavés de l’avenue du Port, de Sainctelette à Claessens, d’autant qu’une solution a déjà été trouvée pour les cyclistes sur les trottoirs».

    «Tempérer la vitesse du trafic»

    Et l’ARAU d’enfoncer le clou grâce à son interlocuteur à Brooklyn: «Il y a longtemps que plus personne à New York ne suggère d’asphalter les pierres historiques pour le confort des véhicules motorisés. Au contraire: dans la tendance actuelle cherchant à tempérer l’impact du trafic, les rues pavées peuvent aider à réduire la vitesse des voitures. Je suis donc déçu d’apprendre les plans pour l’avenue du Port à Bruxelles», déplore le Directeur du développement et des opérations de DUMBO Improvement District.

    On le sait: à Bruxelles, l’enfer piéton, cycliste et motorisé est souvent pavé de bonnes intentions

    New York restaure ses «pavés belges»

    Mais pourquoi le pavé new-yorkais est-il surnommé «belgian block»? À en croire l’ARAU, l’origine du terme est absolument historique.

    Au XIXe siècle en effet, les navires quittaient le port d’Anvers à la recherche de nouvelles marchandises à commercialiser sur le Vieux Continent. Ils partaient donc les calles vides. Ce qui les rendait trop légers pour affronter les vents de l’Atlantique. On les gonflait donc de pavés de porphyre belge pour les maintenir en équilibre: le ballast. Arrivé à New York, ce ballast était balancé dans le port pour faire place à la cargaison.

    Comme rien ne se perdait au Nouveau Monde, on réutilisa cette pierre pour remplacer les «cobblestones», de gros galets polis par l’eau que l’on ramassait dans le lit des rivières. Plus petits, le dos arrondi, ils étaient moins confortables que les pavés venus de Belgique. Le «belgian block» fit donc son nid. Et devint finalement, par métonymie, le terme générique pour désigner tout pavé aux USA.

    Source : Julien RENSONNET - L'Avenir

    http://www.lavenir.net/cnt/DMF20150730_00682139?pid=2344379

    Vidéo RTL TVI : 

    http://www.rtl.be/info/monde/international/des-paves-belges-dans-les-rues-de-new-york-decouvrez-comment-ils-sont-devenus-celebres-de-l-autre-cote-de-l-atlantique-739749.aspx

    Mais aussi... Le pavé de la honte et du sang

    L'un des pavés le plus vendu sur le marché belge, le "Kandla Grey", provient de Budhpura, en Inde, où le travail des enfants est monnaie courante, écrit De Standaard vendredi.

    De nombreux importateurs belges achètent ce type de produits à Budhpura, selon une enquête du journal. Ils ne le font pas directement mais passent par des fournisseurs indiens qui s'approvisionnent chez des commerçants locaux, qui eux-mêmes achètent les pavés auprès des familles et enfants.

    La plupart des pavés "Kandla Grey" que les Belges achètent, proviennent dès lors probablement de Budhpura. Outre les terrasses et allées des particuliers, de tels pavés ornent aussi notamment la Oude Markt à Louvain, la place de l'église à Merelbeke et les trottoirs de nombreuses villes.

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    "Je ne dirai pas que tous les 'Kandla Grey' viennent de Budhpura, mais au moins 80%", explique Herwig Callewier, gérant de Beltrami et président de la fédération des grossistes belges en pierre naturelle. "En fait, nous suspectons depuis longtemps que des enfants travaillent à Budhpura. Mais nous n'avons jamais agi au sein du secteur."

    A Budhpura, 40% des familles sont monoparentales. Les pères décèdent souvent vers l'âge de 40 ans des suites d'une silicose ou de pneumoconiose, qui touchent les tailleurs de pierre.

    Source : http://www.levif.be/ - Belga


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