• Y a-t-il débauche de nos étudiantes via des pubs qui circulent sur des camionnettes ?

    «Sugardating», la campagne qui déclenche les plaintes

    Y a-t-il débauche de nos étudiantes via des pub qui circulent sur des camionnettes ?C’est un site qui met des étudiantes en relation avec des hommes nantis. Sa campagne de pub près des unifs provoque l’indignation. Les réactions et interdictions se multiplient en Wallonie et à Bruxelles contre «une campagne abjecte».

    C’est un site de rencontres: «Rich Meet Beautiful» (RmB), via lequel des étudiantes peuvent être mises en relation avec des hommes nantis en recherche de compagnie. Ce site lance une nouvelle campagne publicitaire via la radio, la télévision, internet mais aussi des véhicules promotionnels qui doivent tourner à proximité des universités et hautes-écoles bruxelloises.

    Déjà une plainte

    Une campagne qui provoque l’indignation. Une plainte a déjà été déposée auprès du Jury d’éthique publicitaire (JEP) et d’autres vont suivre. Le JEP peut condamner la campagne et imposer son arrêt. On le saura mardi prochain.

    Les étudiants aussi

    D’autre part, L’Union des étudiants de la Communauté française (Unecof) compte porter plainte devant la police dès mardi: «Il s’agit d’une campagne sexiste qui promeut la réification de la femme», s’insurge la présidente du syndicat étudiant, Opaline Meunier.

    «Il s’agit d’une certaine forme d’incitation à la prostitution», estime Opaline Meunier. Si rien sur le site ne stipule que les «sugar baby’s» doivent entretenir des relations sexuelles avec l’homme qu’elles rencontrent, les allusions aux rémunérations ne souffrent que de peu d’ambiguïtés, fait-elle valoir.

    Deux ministres déposent plainte

    La ministre des Droits des femmes en Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis, et son collègue en charge de l’Enseignement supérieur, Jean-Claude Marcourt, ont annoncé leur volonté de déposer plainte contre cette campagne publicitaire menée à proximité des universités et Hautes écoles bruxelloises.

    «Cette publicité, scandaleuse et alarmante, démontre que ce site encourage la prostitution des jeunes étudiantes. Les masques tombent par rapport à ces ‘pratiques de sugar-dating’qui suscitent l’inquiétude depuis un moment. En plus d’inciter les jeunes filles à vendre leurs corps, ce phénomène valorise la domination masculine et marque un retour en arrière de plusieurs décennies dans les rapports entre les hommes et les femmes. Il est temps d’agir avec détermination, par la sensibilisation mais aussi en utilisant tous les moyens légaux possibles», précise la ministre Simonis dans un communiqué.

    Les deux ministres entendent ainsi se constituer partie civile au pénal en invoquant l’article 380 du Code pénal incriminant notamment l’incitation à la débauche et la prostitution. Ils ont déjà chargé les services de l’administration de constituer un dossier en ce sens.

    Ils prendront également contact avec les bourgmestres des communes où la publicité a été vue pour qu’ils suspendent cette diffusion au motif de troubles à l’ordre public.
     

    Plaintes et interdictions à Bruxelles contre «une campagne abjecte»


    Au lendemain du déclenchement de la polémique, la Ville de Bruxelles, la commune de Watermael-Boitsfort annoncent qu'elles interdiront la campagne sur leur territoire alors que la Région annonce elle aussi son intention de porter plainte par la voix de la secrétaire d'État bruxelloise à l'Égalité des chances Bianca De Baets (CD&V).

    «La société derrière cette campagne agressive et ignoble est sans le moindre doute engagée dans le domaine de la prostitution de jeunes étudiantes», estime Bianca Debaets. «Pour moi, il s’agit de l’exploitation de jeunes filles vulnérables, qui se trouvent parfois dans des situations économiques difficiles et qui sont attirées par la promesse de beaux cadeaux onéreux et de rétribution financière si elles sont disposées à se lier à des hommes d'affaires plus âgés. De plus, les images de la campagne publicitaire sont sexistes et dégradantes pour les femmes. Ce type de campagnes n'a pas sa place en Région bruxelloise».

    Actions sociales à l'ULB

    «La Ville de Bruxelles va interdire ces publicités, car le bourgmestre ne peut évidemment les tolérer», explique Maïté Van Rampelbergh, porte-parole de Philippe Close. «Aucune autorisation n'a été demandée afin de circuler avec un tel message autour des campus. C'est pourquoi nous allons ordonner à la police d'empêcher cette campagne.»

    A Watermael-Boitsfort, le bourgmestre Olivier Deleuze a annoncé lundi via sa page Facebook qu'il prendrait un arrêté d'interdiction à l'encontre de cette campagne.

    Du côté de l'ULB, où les panneaux pub avaient été découverts, Nicolas Dassonville, un porte-parole de l'Université libre de Bruxelles, indique que le service juridique de l'institution analyse les différents outils à sa disposition pour mettre un terme à cette campagne «abjecte». Le recteur Yvon Englert s'est adressé aux étudiants pour leur rappeler les actions sociales menées à l'universités pour éviter aux étudiant(e)s de tomber dans la précarité. Selon Nicolas Dassonville, aucun panneau de RmB n'a été aperçu à proximité de l'ULB mardi matin.
                                                                                                                                                          «Un énorme engouement»

    De son côté, la direction du site de rencontres place la Belgique dans le top 5 des marchés à fort potentiel.

    «D'ici deux semaines, je me rendrai personnellement en Belgique afin de mener la campagne marketing via la radio, la télévision ou encore internet», déclare Noor Sigurd Vedal, CEO de RmB. «Depuis notre lancement, nous avons constaté un énorme engouement pour notre site, nous estimons dès lors notre potentiel à 300.000 membres en Belgique d'ici 2018.»

     

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